Sunday, 24 January 2010

Izis, Paris des rêves

Izis, Paris des rêves, tel est le titre de la nouvelle exposition proposée par la Mairie de Paris au 5 rue Lobau dans le 4ème, jusqu'au 29 mai 2010.
Izis, dont le vrai nom est Izraëlis Bidermanas, est en 1911, en Lituanie, alors sous contrôle russe. Il vit au sein d'une famille pauvre et à 19 ans, décide de quitter la misère et les persécutions antisémites pour rejoindre Paris, avec l'espoir de devenir peintre. Il deviendra photo-reporter pour Paris Match. Il se liera d'amitié avec des artistes comme Prévert, Colette ou Chagall, qui participeront à certains des dix livres qu'il publiera.

Izis est un artiste qui reste beaucoup moins connu du grand public que Robert Doisneau ou Willy Ronis. Il a pourtant connu un grand succès, en 1950, avec son livre "Paris des rêves" qui fut édité à plus de 170 000 exemplaires et dans lequel 45 ecrivains dont André Breton et Jean Cocteau ont écrit un poème.

Mort en 1980, Izis restera toute sa vie hanté par la mort de sa famille, assassinée par les nazis. Son fils, Manuel, dit d'ailleurs de lui : "Mon père était inconsolable mais gai. Il n'a jamais été heureux".
L'exposition est divisée en 9 parties. La première, montre des photos prises au sortir de la guerre et représentant ses amis maquisards, mal rasés, en tenue de combat. Les photographies sont brut, sans artifices. Izis a posé une feuille blanche sur le mur et a photographié ses amis devant, un par un, sans jeu de lumière ni retouche. J'ai trouvé ses photographies extrêmement fortes : on est captivé par les regards notamment.

Viennent ensuite des photos prises dans le Paris populaire : on voit des balayeurs des rues, des ouvriers à casquette et de nombreuses photos au bord de la Seine. Là Izis photographie des amoureux, des dormeurs, des rêveurs. Ces personnages ont tous quelque chose de lui. Izis était un artiste très timide, rêveur et patient. Il pouvait attendre des heures pour capturer la bonne image, tout comme les pêcheurs qu'il se plaît à photographier.

Vous n'en serez pas surpris, j'ai beaucoup aimé les photos prises à Londres. Il y en a une très drôle, montrant le portrait de la reine Elisabeth, posé dans une vitrine où sont supendues des oies et des volailles. J'ai également pris beaucoup de plaisir à voir les photos consacrées à Chagall. Ces deux-là étaient amis. Ils étaient tous deux issus de familles juives modestes, d'Europe de l'Est et avaient tous deux choisi de venir à Paris pour y devenir peintre.
Les photos prises en Israel sont très touchantes. Izis a d'ailleurs dit en parlant d'Isarel : "Quand je suis allé en Israel, je suis arrivé en pays connu. J'ai eu l'impression que c'était le pays de mon enfance".
Courrez vite voir cette exposition. Et comme elle est gratuite, vous pourrez y retourner plusieurs fois. Comme pour toutes les expos, je vous recommande de prendre l'audio-guide.